La rénovation énergétique d’un logement ancien soulève des questions techniques autour de l’ordre des travaux entre l’installation électrique et l’isolation thermique. Il est avant tout question de la sécurité des occupants, de la performance énergétique du bâtiment et de la conformité réglementaire de l’ensemble. La rénovation électrique passe en général avant toute intervention sur l’enveloppe thermique. On évite ainsi les surcoûts pendant les travaux et on garantit que l’installation est durable et conforme aux exigences actuelles de la norme NF C 15-100. En cas de doute, faites confiance aux professionnels de lamaisondestravaux.com pour savoir dans quel ordre effectuer vos travaux.
Diagnostic préalable : obligations réglementaires et contraintes techniques
Avant d’envisager de refaire l’isolation d’un bâtiment ancien, un diagnostic électrique doit être réalisé pour identifier les risques potentiels et planifier les interventions nécessaires. Cette étape permet d’anticiper les incompatibilités entre les systèmes existants et les nouveaux matériaux isolants.
Conformité aux normes NF C 15-100 dans les bâtiments antérieurs à 1991
Les logements construits avant 1991 ont généralement des installations électriques non conformes aux standards actuels. La norme NF C 15-100, qui régit toutes les installations électriques domestiques en France, a connu de nombreuses évolutions depuis cette période. Faire un diagnostic révèle fréquemment l’absence de dispositifs différentiels 30 mA, pourtant obligatoires pour limiter les risques d’électrocution. Les tableaux électriques des années 1970-1980 ne disposent généralement pas du nombre suffisant de circuits spécialisés requis aujourd’hui pour les équipements comme les plaques de cuisson, le lave-linge ou le congélateur. Cette inadéquation nécessite souvent un remplacement complet du tableau, intervention impossible à réaliser correctement si l’isolation a déjà été posée.
Reconnaître les tableaux électriques vétustes
Les câbles des installations électriques antérieures aux années 1970 sont parfois en fils textiles, matériaux dont l’isolation s’est dégradée avec le temps. Conducteurs, ils peuvent provoquer des incendies lorsqu’ils sont recouverts d’une couche d’isolation thermique qui entrave la dissipation de la chaleur. Le diagnostic permet également d’identifier les tableaux électriques à fusibles en porcelaine, totalement obsolètes et incapables de répondre aux besoins actuels en puissance. Remplacer ces équipements avant l’isolation est nécessaire pour la sécurité des occupants.
Évaluer la capacité du compteur compte tenu des besoins en chauffage électrique
Le diagnostic électrique préalable doit également évaluer la puissance disponible au compteur par rapport aux futurs besoins en chauffage électrique, chauffe-eau thermodynamique ou pompe à chaleur. Dans de nombreux logements des années 1960 à 1980, l’abonnement souscrit (3 kVA ou 6 kVA) ne permet pas d’alimenter un ensemble d’appareils récents, d’autant plus si l’on ajoute des radiateurs performants ou un plancher chauffant. Avant de renforcer l’isolation des murs et combles, il est donc indispensable de vérifier si le disjoncteur de branchement et le tableau peuvent supporter une montée en puissance sans risque de surcharge.
Zones à isoler et ponts thermiques importants
L’isolation devra aussi être étudiée avant le démarrage des travaux. Vérifiez les toits et les combles, qui représentent jusqu’à 30 % des déperdition, ainsi que les murs. Selon leur composition, l’isolation à prévoir ne sera pas du même type : injection ou soufflage pour les murs creux, isolation par l’intérieur ou l’extérieur pour les murs pleins. Même chose pour les planchers et menuiseries : dégradations provoquées par l’humidité, joints défectueux, manque d’isolation dans le plancher, toutes ces choses sont à prendre en compte dans les travaux à réaliser. Selon où ils doivent avoir lieu, ils pourraient gêner une opération électrique ou, au contraire, devoir être terminés avant l’installation électrique.
Électricité puis isolation : faire ses travaux dans le bon ordre
Idéalement, les travaux de rénovation devraient être exécutés en parallèle, car les différents postes peuvent se chevaucher. Si ce n’est pas réalisable, faite d’abord la mise à niveau de l’installation électrique, ensuite l’isolation des parois, des combles et des planchers, car en travaillant sur des supports bruts, l’électricien dispose d’une liberté totale pour créer de nouveaux circuits, adapter la puissance disponible et positionner les appareillages en tenant compte de l’épaisseur future des isolants.
Isoler en priorité les zones accessibles
Les ponts thermiques se situent généralement aux jonctions entre les éléments de construction, comme les angles de murs, les liaisons entre murs et toiture, ou les encadrements de fenêtres. Ces zones laissent la chaleur s’échapper plus rapidement.
En rénovation, on isole souvent par l’intérieur pour limiter les coûts et les contraintes, mais ce n’est pas toujours faisable. D’autres zones sont parfois accessibles de l’intérieur. C’est notamment le cas pour les combles et les toitures. Si l’isolation y est insuffisante, il suffit d’ajouter une couche supplémentaire de matériaux isolants (laine minérale, ouate de cellulose, etc.).
Profiter des murs ouverts pour faire l’électricité
Si l’installation est vétuste, commencez par remplacer le tableau et les protections (disjoncteurs différentiels, parafoudre). Ces remplacements peuvent se faire avant ou en parallèle des premiers travaux d’isolation, mais doivent être terminé avant de tout refermer. Un tableau bien organisé, avec suffisamment d’emplacements libres, permet d’ajouter sans difficulté des circuits dédiés au chauffage, à la ventilation ou à la recharge d’un véhicule électrique. En revanche, conserver un coffret saturé et obsolète, puis isoler l’habitation, revient à se priver de toute marge d’évolution.
Ouvrir les murs pour l’isolation, c’est aussi une opportunité pour faire passer des gaines électriques. Cette opération peut être faite après l’isolation mais avant de poser les nouvelles cloisons ou les enduits.
Quels sont les risques si les travaux de rénovation ne sont pas réalisés dans le bon ordre ?
Réaliser des travaux de rénovation sans respecter un ordre logique expose à des complications techniques, financières et même sanitaires. Les conséquences varient selon la nature des erreurs, mais certaines problématiques reviennent systématiquement.
Problèmes structurels et dégradations des matériaux
Isoler avant de traiter les problèmes d’humidité ou de ventilation condamne les matériaux à se dégrader prématurément. Un mur humide enfermé sous une couche d’isolant ne pourra pas sécher correctement, ce qui a tendance à favoriser l’apparition de moisissures, la pourriture du bois ou la corrosion des pièces métalliques. Les isolants eux-mêmes perdent leurs propriétés thermiques en présence d’humidité, réduisant leur efficacité et nécessitant un remplacement anticipé.
De même, poser un revêtement de sol ou des cloisons avant d’avoir terminé les travaux d’électricité ou de plomberie oblige à tout déposer pour accéder aux réseaux en cas de problème. Les saignées réalisées après la pose des finitions endommagent les murs, les sols ou les plafonds, entraînant des surcoûts et des retards.
Inefficacité énergétique et ponts thermiques non résolus
Une isolation mal coordonnée avec les autres travaux crée des ponts thermiques évitables. Par exemple, poser des gaines électriques après l’isolation des murs implique de percer l’isolant, réduisant son efficacité. Les liaisons entre les différents éléments (murs, toiture, planchers) doivent être traitées en continuité pour éviter les ruptures d’isolation. Si l’ordre n’est pas respecté, des zones mal isolées subsistent, entraînant des déperditions de chaleur persistantes et une consommation énergétique plus élevée que prévu.
Les menuiseries remplacées après l’isolation des murs risquent de ne pas s’ajuster correctement, de laisser des interstices propices aux courants d’air ou de laisser passer de l’humidité. À l’inverse, poser des fenêtres neuves avant d’isoler les murs peut rendre l’accès aux zones à isoler plus difficile, voire impossible sans démontage.
Des risques électriques dus à un manque de conformité aux normes
Réaliser les travaux électriques après la pose des isolants ou des cloisons complique le passage des gaines et des câbles. Les saignées effectuées a posteriori affaiblissent la structure des murs et augmentent les risques de court-circuit ou d’incendie si les câbles ne sont pas correctement protégés. Une installation électrique non conforme aux normes NFC 15-100, notamment en cas de modification partielle, peut entraîner des refus de certification (attestation Consuel) et des problèmes d’assurance en cas de sinistre.
Les boîtiers électriques mal intégrés dans l’isolation créent des ponts thermiques localisés. Une prise ou un interrupteur encastré dans un mur isolé sans précaution peut devenir un point de condensation, favorisant les moisissures autour de l’appareil.
Surcoûts financiers et retards de chantier
Un ordre inadapté désorganise les travaux et peut impliquer des travaux supplémentaires, comme la dépose et repose de revêtements, la réparation de dégradations évitables ou la correction de défauts d’étanchéité. Chaque modification en cours de chantier allonge les délais et augmente les coûts, parfois de manière significative. Par exemple, refaire une partie de l’isolation après avoir terminé les finitions intérieures implique de tout démonter, puis de tout remettre en place, avec les frais de main-d’œuvre et de matériaux associés.
Les erreurs de coordination entre les différents corps de métier (électriciens, isolateurs, plaquistes) entraînent des temps d’attente improductifs. Un électricien qui intervient trop tôt peut bloquer le travail de l’isolateur, et inversement, provoquant des retards en cascade.

